Samedi 31 octobre 2009
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" CHERTE DU PAIN
Article 4 : Et comment, après une année aussi désastreuse, peut prolonger son
existence et celle de toute sa famille, le pauvre habitant obligé, pour vivre, de laisser son héritage dont il ne peut rien espérer, faute de grains pour l'ensemencer, pour aller en journées,
gagner avec beaucoup de fatigues, un morceau de pain qui est déjà beaucoup trop cher pour lui lorsqu'il coûte 1 sou 6 deniers la livre ?
Comment peut-il en donner à ses enfants lorsqu'il va toujours en augmentant, et qu'il est dans des appréhensions continuelles d'en manquer absolument, restant hors d'état de le payer ?
Encore, s'il avait l'espérance de le voir prochainement taxé à un prix fixe et qu'il ne dépendit pas des fermiers, des monopoleurs, des accapareurs, il ne tomberait pas dans le désespoir, comme y
sont déjà tombés tant de malheureux qui se sont portés à des extrémités qu'arrêteraient des ordonnances rendues, et sagement, ou plutôt sévèrement, observées.
Alors la classe du peuple la plus indigente, qui ne demande que du pain, pourrait s'en procurer à 1 sou 6 debier la livre au plus. C'est le principal sujet de doléances du petit cultivateur, forcé
d'être journalier pour s'en pouvoir procurer.
Quand il n'éprouvera plus de variation dans le prix du pain, le pauvre sera tranquille, car il sera sûr, en travaillant, d'en pouvoir donner à sa famille désolée, avec laquelle il préfèrerait
d'être conduit actuellement dans les dépôts (de mendicité), où sont rassemblés les pauvres, sûr qu'il y serait d'y recevoir tous les jours l'aliment de première nécessité.
CHERCHER DU BOIS
Article 5 : Et même cet aliment, aujourd'hui pour le cuire, combien n'en coûte-il
pas, puisque le bois acheté dans les coupes et payé, en 1778,, trente livres la corde, se vend actuellement 50 livres et a été à 54 livres, non compris les voitures.
Des habitants de la campagne n'auraient-il pas aujourd'hui plus d'avantages de le faire venir, quoiqu'à gros frais, de la capitale, que de l'aller acheter au milieu des fôrets ?
REGLE A ETABLIR POUR LA VENTE DES BOIS
Article 6 : S'il n'y a des règles établies pour en fixer les prix
par arpent, selon les différentes qualités, et arrêter les spéculations des acheteurs, qui font une bourse d'indemnité, de laquelle sont tirés trois ou quatre louis pour lesquels auxquels le marché
n'est pas adjugé, le pauvre, et même celui qui est plus aisé, ne saura comment s'en procurer."
L'été précédent la rédaction de ce cahier s'était abattu un violent orage de grêle détruisant presque entièrement les récoltes de la région parisienne. La rareté du grain mis en exergue les
"monopoleurs" qui spéculèrent sur le cours des céréales.
Des émeutes de la faim eurent lieux tout près de Coubron comme à Meaux par exemple, dans les semaines qui suivirent cette rédaction.
Par FM collection
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