Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 10:30
" CAPITAINERIES
Article 2 : Ce sont les fléaux de toutes ces années qui sont les causes que beaucoup de petits propriétaires laissent leurs terres en friches, ne pouvant retirer le demi-quart des avances à faire pour les mettre en rapport, et aussi parce qu'ils sont rebutés par les règlements en usage dans les capitaineries. Coubron s'y trouvant, un cultivateur ne peut arranger ou récolter son héritage à son gré ; il faut qu'il obtienne des permissions ; le foin pourrait être fauché, il faut qu'il attende jusqu'à une période désignée ; la récolte dépérit, devient de plus mauvaise qualité ; les foins auraient été faits, serrés par un temps sec et favorable et, en attendant la permission générale, la pluie vient et il perd tout.

GARDES DES CAPITAINERIES
Article 3 : Les gardes, comme juges et parties, sont crus à leur rapport, parce qu'ils ont fait un serment, que l'irréligion dont ils ne donnent que des preuves trop publiques, doit faire croire plus que suspect. Les gardes sont autant de tyrans pour l'habitant de la campagne qui, s'il ramasse un peu d'herbe dans les bois, s'il est trouvé dans de petits sentiers, s'il se baisse dans des allées plus masquées pour ramasser ce qui même peut être tombé de ses mains, est assigné à trois ou quatre lieues de son habitation pour se voir condamner à des amendes arbitraires, exorbitantes, ou à la prison s'il est sans moyen d'y satisfaire. Il y en a qui vont jusqu'à 300 livres comme les a données forcément un malheureux habitant qui a été arrêté en plaine, chargé d'un gibier qu'il avait acheté dans un marché.

Il n'est plus permis à un propriétaire de garder la nuit son champ avec un chien qui pourrait éloigner et faire fuir la grosse bête. Il est même des cultivateurs auxquels il a été défendu de faire des maïs dans des terres ensemencées en blés qui avaient gelé pendant l'hiver. Comment, avec tant d'entraves, payer aux termes fixés et le propriétaire, et les impositions royales, pour une terre dont il n'a tiré aucun profit ?"


Seul le Roi et les nobles ont le droit de chasse. La chasse est un privilège. Cela a imposé de réglementer tout ce qui pouvait entraver ce privilège. Les capitaineries royales de la chasse, créées sous François 1er avaient été réduites en nombre par Louis XIV.
En 1789, il  n'en restait que 13 dans tout le royaume.
Coubron dépendait de la capitainerie de Livry et Bondy. Les capitaineries de chasse regroupaient beaucoup de personnels recrutés par le Capitaine des chasses lui même nommé par le Roi.
Parmi ses personnels se trouvaient un lieutenant, un magistrat dit lieutenant de robe longue, un procureur un greffier, un huissier-audiencier, un receveur des amendes, des gardes à cheval, à pieds, des renardiers.
De nombreux cahiers de doléances, comme celui de Coubron, reprirent ces griefs contre les excès des capitaineries.
L'Assemblée Constituante, après un débat où s'implqua notamment Mirabeau, vota l'abolition des capitaineries royales le 11 août 1789.

Par FM collection - Publié dans : Cahier de doléances
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 14:29
" CHERTE DU PAIN
Article 4 : Et comment, après une année aussi désastreuse, peut prolonger son existence et celle de toute sa famille, le pauvre habitant obligé, pour vivre, de laisser son héritage dont il ne peut rien espérer, faute de grains pour l'ensemencer, pour aller en journées, gagner avec beaucoup de fatigues, un morceau de pain qui est déjà beaucoup trop cher pour lui lorsqu'il coûte 1 sou 6 deniers la livre ?

Comment peut-il en donner à ses enfants lorsqu'il va toujours en augmentant, et qu'il est dans des appréhensions continuelles d'en manquer absolument, restant hors d'état de le payer ?

Encore, s'il avait l'espérance de le voir prochainement taxé à un prix fixe et qu'il ne dépendit pas des fermiers, des monopoleurs, des accapareurs, il ne tomberait pas dans le désespoir, comme y sont déjà tombés tant de malheureux qui se sont portés à des extrémités qu'arrêteraient des ordonnances rendues, et sagement, ou plutôt sévèrement, observées.

Alors la classe du peuple la plus indigente, qui ne demande que du pain, pourrait s'en procurer à 1 sou 6 debier la livre au plus. C'est le principal sujet de doléances du petit cultivateur, forcé d'être journalier pour s'en pouvoir procurer.

Quand il n'éprouvera plus de variation dans le prix du pain, le pauvre sera tranquille, car il sera sûr, en travaillant, d'en pouvoir donner à sa famille désolée, avec laquelle il préfèrerait d'être conduit actuellement dans les dépôts (de mendicité), où sont rassemblés les pauvres, sûr qu'il y serait d'y recevoir tous les jours l'aliment de première nécessité.

CHERCHER DU BOIS
Article 5 : Et même cet aliment, aujourd'hui pour le cuire, combien n'en coûte-il pas, puisque le bois acheté dans les coupes et payé, en 1778,, trente livres la corde, se vend actuellement 50 livres et a été à 54 livres, non compris les voitures.

Des habitants de la campagne n'auraient-il pas aujourd'hui plus d'avantages de le faire venir, quoiqu'à gros frais, de la capitale, que de l'aller acheter au milieu des fôrets ?

REGLE A ETABLIR POUR LA VENTE DES BOIS
Article 6 : S'il n'y a des règles établies pour en fixer les prix par arpent, selon les différentes qualités, et arrêter les spéculations des acheteurs, qui font une bourse d'indemnité, de laquelle sont tirés trois ou quatre louis pour lesquels auxquels le marché n'est pas adjugé, le pauvre, et même celui qui est plus aisé, ne saura comment s'en procurer."

L'été précédent la rédaction de ce cahier s'était abattu un violent orage de grêle détruisant presque entièrement les récoltes de la région parisienne. La rareté du grain mis en exergue les "monopoleurs" qui spéculèrent sur le cours des céréales.
Des émeutes de la faim eurent lieux tout près de Coubron comme à Meaux par exemple, dans les semaines qui suivirent cette rédaction.



Par FM collection - Publié dans : Cahier de doléances
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